Un extrait du livre de Hassan Fathy, architecte égyptien, que nous a fait découvrir Chantal et qui a inspiré notre démarche en Afrique :
Construire avec le peuple
Hassan Fathy n’est pas un crayonneur de plans, sa pensée va d’abord aux hommes, à leurs gestes, à leurs rêves. Toute chose la plus simple, la plus transparente, lui transmet un enseignement :
pourquoi ce geste, quel espace est le sien ? pourquoi cet objet, et les traces humaines de sa fabrication ? Hassan Fathy est un architecte : un poète, un ethnologue, un constructeur. Son œuvre
s’érige à partir des autres...
Les peuples ne vivent pas dans des boîtes de béton, hâtives et désolées...
En proposant à l’architecture une nouvelle éthique, Hassan Fathy a fait une révolution silencieuse : « Je devais donner à mes nouveaux plans l’apparence d’être issus du paysage, comme les
arbres... Ses habitants devaient y vivre aussi naturellement qu’ils portaient leurs vêtements... Je devais façonner leurs maisons au rythme de leurs chants, tisser la trame du village sur ses
activités... Il ne doit y avoir ni fausse tradition, ni modernisme factice, mais une architecture qui sera l’expression permanente et visible du caractère de la communauté. Mais ceci n’est pas
autre chose qu’une architecture entièrement nouvelle. »
Pour nous qui avons pétrifié les cités et rompu l’harmonie des campagnes, c’est un enseignement lointain, échappant aux ombres, et peut-être le seul. Pour un Africain, pour un Arabe, pour un
Egyptien – si sa vie était entendu – ce serait la renaissance. Et non la rupture des rites, des cultures, l’explosion des fondations. Nietzsche l’avait écrit dans l’orage : l’entassement
chaotique des cultures n’est pas la civilisation, mais le signe de la barbarie.
Pierre Bernard
Préface de « CONSTRUIRE AVEC LE PEUPLE » de Hassan FATHY
Ed. Sindbad
D’autres femmes voyagent « pour rencontrer des gens », selon leurs propres commentaires, et « pour voir le monde »...
Pourquoi toutes ces femmes voyagent-elles autant ? La réponse est classique : « Les femmes d’aujourd’hui sont comme les hommes, elles ont le caractère chaud ». Cela signifie en fait que les
moyens naturels qu’elles ont à leur disposition pour se refroidir ne leurs suffisent plus et qu’elles vont elles aussi rechercher dans le voyage les moyens d’assouvir leur curiosité...
Selon les Touaregs, conscients de l’adaptation nécessaire au savoir venu de l’extérieur, l’idéal serait de trouver un équilibre entre le savoir traditionnel et le savoir étranger. Les voyages des
uns et des autres devraient permettre cet échange afin que les nouvelles générations et les observateurs extérieurs ne considèrent plus les technique traditionnelles comme froides, autrement dit
passives, et les moyens modernes comme chauds, c’est-à-dire dynamiques, et que cette manière de classer soit dépassée. Ainsi, le but du voyage restera toujours le même : une forme de
transcendance de l’âme, du corps et de l’intelligence au-delà de toute classification, et un moyen de rester dans l’équilibre.
« VOYAGER D’UN POINT DE VUE NOMADE » de Hélène CLAUDOT HAWAD
Ed. Paris méditerranée